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LIRE LES CARTES DU HOGGAR

Les européens ne savent pas voyager sans carte. Les Touaregs ne savent pas les lire. Au début de notre ère, les grands initiés ont mentionné pour ces contrées quelques noms, quelques royaumes ou empires. Au XIX ème siècle, les premières cartes arrivent, comblant au fur et à mesure des conquêtes, ces zones inconnues. L'avion, gagnant en fiabilité et en autonomie, a permis d'aller plus vite plus vite. Les cartes pour le tourisme aérien et automobile fleurissent, précises et pratiques. Aujourd'hui, le satellite catalogue les points les plus reculés, met en évidence les anciens fleuves, fait apparaître les cratères météoritiques... Photos et cartes se conjuguent avec le GPS pour permettre aux plus curieux de préparer les expéditions les plus captivantes.


DUVEYRIER : UNE CARTE DE 1880 !
Cette carte formidable, d'une grande qualité graphique, a fait référence pendant longtemps. Les instigateurs des grandes missions d'exploration, ceux qui cherchaient à traverser le Sahara pour prouver que l'on pouvait y construire une ligne de chemin de fer, l'avaient avec eux.
En fait, Duveyrier n'avait jamais parcouru toutes ces contrées ! Il a établi cette carte à partir de discussions menées avec des Touaregs. C'est un remarquable travail d'interprétation, quand on sait que les Touaregs, par culture, ont une représentation spatiale qui les rend inadaptés à la lecture d'une carte : il sait décrire des parcours, pas les reconstituer dans l'espace...

MICHELIN : LA 152
Couverture à fond jaune, édition 1941, elle est assez complète, pas très précise dans les tracés mais claire dans les indications. On y trouve par exemple la mention du mausolée de Tin-Hinan à Abalessa ou celle du Mont Adriane près de Tamanrasset.
A noter, il n'y a pas encore de piste ouest pour aller à l'Assekrem, pas de voie directe entre Hirafok et In Amguel, la piste de Djanet ne passe pas directement par Ideles et celle d'In Guezzam passe par Tarahouaout.
L'Assekrem est à 2780 m d'altitude.

MICHELIN : LA 152 épopée Leclerc
Une édition spéciale, datée de 1954, portant mention des étapes principales de la formidable épopée du Général Leclerc au Sahara pendant la seconde guerre mondiale.
La zone couverte est plus étendue (toute la Libye y entre maintenant) et surtout on bénéficie d'une superbe mise en couleur des reliefs. Une véritable oeuvre d'art !
Nouveautés : la voie directe vers Djanet depuis Idelès apparaît bien, on file vers Abalessa et Silet (qui se sont bien éloignées l'une de l'autre) par Tit et on quitte Tamanrasset vers le sud par la voie directe en traversant l'oued, la piste directe vers In Azaoua ayant aussi été supprimée.
L'Assekrem n'est plus qu'à 2754 m d'altitude et le Tahat, non nommé, fait son entrée à 3000 m.

MICHELIN : LA 152
Couverture à fond rouge, édition 1962, zone plus étendue (toute la Libye y entre maintenant) et surtout toujours cette superbe mise en couleur des reliefs.
La configuration des pistes est assez proche de celle d'aujourd'hui, si ce n'est que la voie directe pour Djanet depuis
Idelès a redisparu. Et on a l'impression que la voie principale nord-sud est une route...
A noter, l'Assekrem continue à s'enfoncer (il n'est plus qu'à 2728 m d'altitude) mais le mont Tahat est toujours à 3000 m, Abalessa est toujours un lieu touristique et Tamanrasset est aussi, entre parenthèses tout de même, le Fort Laperrine.
C'est la dernière version "française" : à l'époque, le catalogue Michelin présentait encore la 150 - Petite carte de Grandes Routes de France, la 151 - Maroc, Algérie, Tunisie et la 152 -Sahara, Prospection des ressources minérales. On ne fait même pas mention de l'Algérie sur la couverture...


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