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D O C U M E N T S
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| x | Alger, Avril 2002 |
| www.algeria-interface.com Le point sur l'actualité du mois de mars 2002 | |
| Les élections législatives sont compromises | |
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| La contestation en Kabylie va bientôt boucler une année sans que le gouvernement Benflis et le président Bouteflika ne soient parvenus à dégager de solution viable à la crise. Le bilan provisoire de cette quasi-insurrection sélève à près de 100 morts, plus de 1 000 blessés et des dégâts matériels considérables dans toute la région. Dans un discours à la nation (12 mars 2002), le chef de lEtat a répondu à la plate-forme revendicative dEl Kseur dans des proportions jugées insuffisantes par la coordination des comités de villages et de quartiers, qui anime le mouvement contestataire. Le principal grief est que les revendications ont été «saucissonnées» tandis que le régime a axé sa réponse principalement sur la question linguistique. La reconnaissance de tamazight en tant que langue nationale et sa prochaine inscription dans la constitution algérienne, pas plus que le principe dun «redéploiement » partiel de la gendarmerie en Kabylie, nont calmé les esprits. Quelques brigades de gendarmerie évacuées à la fin mars ont été saccagées: les contestataires réclament toujours leur démantèlement total. Le régime ne comprend pas, ou fait mine de ne pas comprendre, que pour une bonne partie de la population, ce corps darmée, accusé à tort ou à raison de tous les abus, ne symbolise plus la loi. Option sécuritaire Laccumulation des problèmes divers, comme leur traitement parcellaire ou superficiel, conduisent à une aggravation de la crise. Les heurts ont repris, mais cette fois avec les forces de police qui ont relayé les gendarmes, notamment à Tizi Ouzou. En riposte, les autorités ont décidé de sévir contre les animateurs du mouvement contestataire et les manifestants, en procédant à des arrestations massives, des perquisitions et des inculpations. Pour les observateurs avertis, le régime est en train de mettre à exécution une «option sécuritaire» en Kabylie, comme il lavait fait en 1992 pour mettre fin à lagitation islamiste. On prête à Abdelaziz Bouteflika lintention de vouloir impliquer larmée dans le rétablissement de lordre pour permettre, coûte que coûte, le déroulement des élections législatives du 30 mai. Ce scénario na pas laval des principaux décideurs militaires, dautant plus que le climat social est très tendu. Dans de nombreuses villes du pays, la dégradation des conditions de vie sexprime systématiquement par le recours à lémeute. Linexistence de médiateurs, généralement discrédités, a laissé libre cours à la colère de la rue, réprimée durement par la police ou la gendarmerie, dans les régions de Jijel, à lest (communes de El Kemar, Feza et Djimar), Aïn Defla (sud-ouest dAlger) et dans la ville de Saïda (ouest). À Alger, on craint que «le mécontentement ne grossisse pour déboucher sur les mêmes revendications quen Kabylie » et quil finisse par plonger le pays dans une situation chaotique. Par ailleurs, le terrorisme continue de frapper la population. Les attentats à la bombe ont repris à Alger et dans dautres régions du centre, comme Blida. Ils seraient imputables aux résidus des GIA, dont le chef présumé, Antar Zouabri, a été abattu le 8 février dernier. Un autre émir, Mokhtar Belmokhtar, chef présumé du GSPC qui écumait le grand Sud, aurait également été tué. Le Soir dAlgérie a annoncé la nouvelle, mais elle na pas été confirmée officiellement. Dissidence électorale Ce climat de pourrissement nempêche pas les partis de la majorité sortante (FLN, RND, MSP et En Nahda) de se préparer, avec fébrilité, à léchéance du 30 mai prochain. «Même sans la Kabylie », souligne le chef du RND et ministre de la Justice, Ahmed Ouyahia. Le FFS, principal parti dopposition, a décidé de boycotter ces élections en appelant à «une dissidence électorale nationale ». Convaincu que le contexte national ne convient pas à la tenue du scrutin, le parti de Hocine Aït Ahmed entend élargir le front du refus à dautres courants politiques, notamment à ceux du Dr Ahmed Taleb Ibrahimi et de lancien Premier ministre Mouloud Hamrouche. Il nest pas impossible quil y parvienne, car lopposition, toutes tendances confondues dresse un bilan politique complètement négatif de la gouvernance Bouteflika. Les indicateurs économiques ne donnent pas une meilleure image du pays. Dans sa note de conjoncture du second semestre 2001, le Conseil National Economique et Social (CNES) juge quil y a «manque de visibilité à moyen terme et insuffisance des instruments de pilotage». Il confirme par ailleurs «la tendance à laggravation de la situation sociale» et souligne quelle constitue «un motif de préoccupation largement partagé ». |
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