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7 janvier 2003

  Publié sur le site de El Watan
  Abou Mohamed se trouvait dans le maquis du GSPC à Batna :
l'agent d'Al Qaîda abattu
 
  Al Qaîda est vraiment une organisation terroriste tentaculaire. Elle avait un chef pour la zone sahélo-maghrébine, abattu par les forces de l’ordre le 12 septembre dernier, à Merouana, wilaya de Batna, avec deux autres terroristes algériens connus dans la région. Son identification vient d’être établie par les services spécialisés.

Il s’agit, selon l’APS, d’un ressortissant yéménite, du nom de Emad Abdelwahid Ahmed Alwan, dit Abou Mohamed et âgé de 37 ans, et son identification n’a pu être possible qu’après un long travail d’investigation, basée sur la coopération avec les services de sécurité du Yémen et des USA mais aussi sur les révélations de terroristes arrêtés. Ancien Afghan, il avait pour mission d’aider à l’installation dans son pays des combattants algériens, tunisiens, marocains et égyptiens, venus de l’Afghanistan et du Pakistan. Il écumait la zone sahélo-maghrébine depuis juin 2001. Après un passage à Khartoum, il avait séjourné à Addis-Abeba puis au Niger. Originaire de Taïz, il était établi à Sabaâ, où il fréquentait une mosquée gérée par l’association El Ihsan, très populaire et qui prône le djihad à travers la revue El Mountada.
Au moment des attentats du 11 septembre, Abou Mohamed se trouvait dans les maquis du GSPC au sud-est algérien où il a passé l’hiver avant de rejoindre le nord du Mali, d’où il a commencé à sillonner la région, passant deux à trois semaines dans chacun des pays comme la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Il circulait sous plusieurs identités dont celle qu’il affectionnait particulièrement de Sidi Ahmed Habib Allah, âgé de 36 ans et natif du nord du Niger. Il a été envoyé par Al Qaîda afin de normaliser le GSPC, créé d’ailleurs sur recommandation de Oussama Ben Laden. Il devait, selon des sources de l’APS, évaluer l’état du GSPC, de ses chefs et de s’assurer qu’il a les capacités nécessaires pour jouer le rôle qui lui a été assigné et qui dépasserait les frontières algériennes.
En effet, Al Qaîda a décidé d’utiliser le GSPC et ses réseaux pour se déployer dans la zone subsaharienne et créer une base dans cette région afin de compenser la perte de ses bases en Afghanistan et en Somalie. Le GSPC devait lui servir également pour concrétiser les nouvelles bases d’appui logistique d’Al Qaîda en Europe et en Afrique. Cette information confirme celle ayant circulé durant l’été dernier concernant la venue d’un émissaire de Oussama Ben Laden en Algérie pour rencontrer les responsables du GSPC.
Selon des sources sûres, cet émissaire aurait séjourné durant l’été 2002 à Batna et participé à une réunion ayant regroupé les chefs de la région est du GSPC. Le terroriste a rencontré les chefs du GSPC Amari Saïd, dit Abderrazak El Para, et Mokhtar Belmokhtar, dit Laouer. Il n’a pu rencontrer Hassan Hattab à cause des difficultés de déplacements expliquées par Abderrazak qui s’est présenté comme étant aussi qualifié pour servir d’interlocuteur. Il aurait été repéré par les services américains qui ont informé leurs homologues algériens.
A l’époque, rien n’indiquait que cet émissaire avait quitté le pays ou était resté dans les maquis du GSPC. S’est-il déplacé pour revenir par la suite ? Personne ne peut répondre. Ce qui est certain pour l’instant, c’est que cet émissaire avait, d’après des révélations de repentis, reconnu l’appartenance des auteurs des attentats du 11 septembre à Al Qaîda et fait part des circonstances de l’organisation des attentats du 11 septembre, avec force détails.
Selon les mêmes sources, l’émissaire aurait précisé, par exemple, que les opérations criminelles du 11 septembre ont pris près de six années. Bizarrement, c’est durant la même période qu’un lot d’armes a été acheminée du Niger. Achetées par Mokhtar Belmokhtar, ces armes ont été convoyées aux maquis du GSPC, grâce aux filières de la contrebande, mais aussi à Abderrazak El Para, ex-responsable de la région est pour le groupe de Hassan Hattab, actuellement écumant les frontières algéro-malienne et algéro-nigérienne. Après avoir pris les sommes colossales du racket des contrebandiers de Bir El Ater, à Tébessa, Abderrazak El Para s’est déplacé avec ses hommes les plus proches vers la région du Sahel et versé dans la grande contrebande des armes et des véhicules tout terrains.
La mort de Abou Mohamed en Algérie dans un maquis du GSPC est une preuve irréfutable du lien existant entre Oussama Ben Laden et l’organisation de Hassan Hattab. Organisation face à laquelle de nombreux pays européens continuent à adopter une position de neutralité et qui a failli même provoquer un incident avec les USA, après que l’administration américaine l’eut porté sur la liste des groupes terroristes à combattre.         

Salima Tlemçani
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