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Le 8 janvier 2003

  Paru sur Le Matin d'Algérie
  Les partis islamistes relaient politiquement le terrorisme
 
  Depuis le début de l'année, 59 militaires ont trouvé la mort, dont 43 tombés au cours d'une seule attaque dans la région de Batna. Un chiffre qui souligne au moins deux faits. D'abord, le GSPC, à qui sont attribués ces actes, est capable de mener des actions ponctuelles d'une efficacité redoutable. Et quel que soit l'effectif supposé de ce groupe ?p; quelques centaines ou plus d'un millier d'individus ?p; les forces de sécurité ont bel et bien affaire à des groupes agissant avec beaucoup de professionnalisme. Ensuite, par ce type d'action, le GSPC ne cherche pas simplement à prouver sa capacité de nuisance, voire à ébranler l'institution militaire, mais surtout à susciter l'écho politique escompté, notamment parmi les partis et personnalités pour qui le retour à la paix et à la stabilité passe nécessairement par la réalisation de la concorde nationale.
Sans attendre, le groupe parlementaire du MSP a recueilli les signatures nécessaires afin que la situation sécuritaire fasse l'objet d'un débat général à l'APN. Dans l'édition de mercredi du Soir d'Algérie, l'un de ses principaux responsables, Abdelmadjid Menasra, est on ne peut plus clair. « Il faut, déclare-t-il, libérer tous les détenus politiques, y compris les leaders du FIS () L'Algérie doit entreprendre une nouvelle politique de réconciliation nationale dans le cadre d'un dialogue associant tous les acteurs politiques ». Toujours dans le même journal, El Islah, qui se prononce « contre toute effusion de sang algérien », assène que « la politique de concorde civile a démontré ses limites et doit de ce fait être complétée par un plan de réconciliation nationale où toutes les sensibilités nationales doivent être associées. C'est, selon El Islah, une condition sine qua non pour un retour à la stabilité ». Les deux partis islamistes expriment finalement tout haut ce que Abdelaziz Bouteflika pense tout bas. Ils escomptent à la faveur de l'aggravation de la situation sécuritaire en ce début d'année 2003 réactiver le débat autour du projet de concorde nationale lancé par le chef de l'Etat. Et partant, en faire le socle politico-idéologique d'une alliance rassemblant toutes les franges islamo-conservatrices, avec sans doute l'appui du FFS, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2004. Pour ce faire, le GSPC n'hésitera pas, si on en lui laisse la possibilité, à frapper davantage afin de hâter la réalisation de cette politique dite de paix et de stabilité, politique qui devrait se traduire par l'instauration d'un régime de type islamo-conservateur qui, sous couvert du respect du pluralisme, ne laissera aucun espace d'expression libre aux forces démocrates. Tel est le sens de la concorde nationale que concoctent le Pouvoir et ses alliés islamistes.

Hassane Zerrouky
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