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Le 5 janvier 2003

  Paru sur Le Matin d'Algérie
  Qui ne dit mot consent !
 
  Quarante-trois militaires tués et quarante blessés. C'est l'acte le plus sanglant depuis la promulgation de la loi sur la concorde civile en septembre 1999. Un acte qui montre une fois de plus que le terrorisme n'est pas fini comme se plait de le rapporter un certain discours officiel.
Cela étant, dans un pays normalement constitué, le chef de l'Etat aurait rapidement convoqué les plus hautes instances du pays, en priorité le Haut-Conseil de sécurité, pour examiner la situation et prendre les mesures qui s'imposent. Il se serait rendu sur les lieux pour s'enquérir de la situation, rassurer les militaires qui sont en première ligne dans le combat antiterroriste et annoncer des décisions. En Algérie, ce n'est pas le cas. Comme si un tel acte n'était pas en soi une gravité extrême au double plan politique et sécuritaire.
De ce fait, il est permis de penser que cette absence de réaction officielle est significative d'une démarche politique, dont la concorde civile aura été le premier jalon. Et ce, dans la perspective de la concrétisation de la « concorde nationale », noyau dur d'une alliance stratégique islamo-conservatrice, en vue de remporter l'élection présidentielle de 2004.
Dans ces conditions, rien d'étonnant que le Pouvoir demeure silencieux. Bien sûr, des esprits chagrins ne manqueront pas de se saisir de cet évènement sanglant pour crier haut et fort qu'il faut au plus vite réaliser la paix civile, à savoir négocier avec Hattab et consorts, avant qu'il n'y ait plus de morts. Et ce, tout en entretenant l'illusion, qu'après tout, les islamistes radicaux, même s'ils tuent et massacrent, peuvent être raisonnables si on leur ménage un espace politique. Or, cet espace, ils l'occupent déjà. Ils sont présents sur le terrain politique et institutionnel. Mais ils veulent plus. Et ce plus, le pouvoir est prêt à le leur concéder au nom de la concorde nationale !

Hassane Zerrouky

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