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D O C U M E N T S
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Alger, le 5 août 2002 |
| Paru dans Le Soir d'Algérie, relayé par algerie-guide.com | |
| Abderrezak el Para et le sénateur Boudiar : les questions de l'"émir" | |
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| Le 5 juillet dernier, Mohamed Boudiar, sénateur RND de Tébessa, tombera, en compagnie de deux amis à lui, dans un faux barrage à El Krima (localité de la même wilaya). Les ravisseurs, en loccurrence le groupe du redoutable Abderrezak El Para, lémir de la région-est du GSPC de Hassan Hattab, finiront par relâcher leurs otages après exactement 21 jours de captivité. Lheureux dénouement de cette affaire nen a pas moins suscité une interrogation de taille : le GSPC a-t-il chargé le sénateur de transmettre un message aux autorités ? Des informations non confirmées le soutiennent arguant du fait quil nest pas dans les traditions de ce groupe terroriste particulièrement sanguinaire de faire dans les demi-mesures, pour ainsi dire, sans contrepartie. Les interventions publiques, notamment linterview conjointement accordée au Soir dAlgérie et Aâkher saâ par le sénateur nen fait pas état en tout cas. Il est cependant quasiment certain que Boudiar naura rendu publiques que des généralités de ce quil a vu et entendu durant son séjour forcé dans le maquis. Des sources crédibles proches de son entourage nous ont fait état de certains détails intimes que le sénateur na confiés quà un cercle restreint de proches. Boudiar révélera ainsi quil aurait versé une rançon à ses ravisseurs mais dont on ignore le montant exact. Il était question, aurait-il aussi confié, que je sois emmené auprès de Hassan Hattab (lémir national du GSPC qui sévit dans la région de Kabylie au centre du pays, ndlr). Or, cette rencontre naura pas lieu. Abderrezak El Para aurait renoncé à la toute dernière minute sur instruction de son chef hiérarchique qui invoquerait des raisons de sécurité et le risque dun tel déplacement. Ce tête-à-tête sera néanmoins compensé par un enregistrement vidéo auquel était soumis Boudiar par lémir régional du GSPC. Abderrezak El Para aura posé à son interlocuteur cinq questions précises. Nos sources en rapportent trois. Les deux premières concernent lArmée nationale populaire. Le numéro 2 du GSPC voulait savoir le montant exact du budget alloué à lAPN ; des détails sur le projet de professionnalisation de larmée et, enfin, des informations précises sur des équipements militaires quaurait acquis lANP. Les terroristes du GSPC centraient leurs questions sur des hélicoptères de combat spécialisés dans la lutte antiterroriste, ultramodernes, qui seraient en possession de lANP, de même quun matériel de surveillance à infrarouge ultrasophistiqué acquis par les forces armées algériennes particulièrement redoutés pour leur efficacité par les troupes terroristes de Hassan Hattab. Une deuxième interrogation qui taraudait les zombies de Hattab et quils voulaient satisfaire via leur otage de marque est, selon nos sources, la nature du conflit entre le Président Bouteflika et larmée. Serait-ce un conflit autour de prérogatives des uns et des autres ou alors, uniquement, au sujet du projet de concorde nationale. Il va de soi que, ce faisant, les terroristes du GSPC voudraient confirmer des informations en leur possession mais surtout, assurer leurs arrières dans léventualité dune négociation avec le pouvoir, sinspirant, très certainement, de lexemple de lAIS. Quant à la troisième question posée au sénateur, toujours à se fier aux mêmes sources, elle se rapporterait à sa propre opinion et à travers lui celle de cercles présents au gouvernement sur le GSPC et ses actes terroristes. Nos sources nont pu obtenir les réponses de Boudiar à ces trois grandes interrogations. Le dernier nommé aurait par contre fait quelques confidences de taille à propos de ses ravisseurs. Les éléments du GSPC layant enlevé seraient au nombre minimum de 150. Ils seraient en possession darmes de guerre très sophistiquées. Lun des compagnons dinfortune du sénateur, en loccurrence lhomme daffaires Moussa Mesbah, aurait, à son tour, confié à son entourage que les terroristes de Hassan Hattab seraient dotés dune logistique très fournie. Outre quils bénéficient dune couverture sanitaire appréciable, les terroristes que mènent Abderrezak El Para seraient à jour en matière dinformation. Les quotidiens nationaux leur parviennent ainsi régulièrement. Aussi, et cest fortement inquiétant, les éléments de Hassan Hattab seraient en possession dun matériel de communication et découte ultra-moderne leur permettant de détecter toutes les communications des différents services de sécurité (la police, la gendarmerie, lANP et même les services de renseignements). Étant, par ailleurs, pour la plupart danciens militaires, les terroristes du GSPC ont pu mettre en place un dispositif de défense des plus développés. Des mesures draconiennes de sécurité sont prévues pour toutes les situations. Leurs déplacements se font toujours, et en toute circonstances, par petits groupes de trois éléments et il est invariablement prévu des postes avancés de surveillance par rapport aux centres principaux, national ou régionaux. Kamel Amarni |
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