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D O C U M E N T S
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6 janvier 2003 |
| Paru dans Courrier International, relayé sur courrierinternational.com | |
| Bouteflika et le "terrorisme résiduel" |
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| Les groupes islamistes algériens viennent d'apporter un sanglant démenti aux déclarations officielles affirmant que le terrorisme intégriste est définitivement vaincu en Algérie. Ils avaient 20 ans et ne seront jamais que des soldats inconnus dune cause dont ils ignoraient tout avant de périr déchiquetés par une bombe du côté de Biskra, un soir dhiver quils partaient en caserne, écrit Le Matin, qui a révélé laffaire dimanche : 43 soldats sont morts victimes dune embuscade terroriste menée samedi 4 janvier au soir. Lembuscade a été tendue sur la route empruntée par le convoi militaire, à proximité dun village situé dans la province de Biskra, dans les inextricables maquis des Aurès, à 430 km au sud-est dAlger. Cette hécatombe a fait également plus de 40 blessés graves dans les rangs des soldats. Jamais une opération terroriste na occasionné autant de pertes dans les rangs de larmée depuis le déclenchement de laction armée islamiste en Algérie, poursuit le quotidien algérien. Les islamistes armés, informés de lheure du passage des militaires, ont fait exploser des engins contenant de lacétylène, un gaz qui provoque généralement beaucoup de dégâts et dont la manipulation exige des connaissances précises en la matière, explique Le Matin en citant des sources hospitalières. Un massacre signé Abderrazak el-Para, un lieutenant de Hassan Hattab, chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Ce groupe serait en relation avec la nébuleuse dAl Qaida dOussama Ben Laden, précise le quotidien. Quelques heures après ce carnage, dans la nuit du samedi au dimanche, treize personnes ont été assassinées, un petit garçon gravement blessé et deux jeunes filles enlevées par un groupe terroriste, dans un hameau isolé situé près de Blida, à 50 km au sud de la capitale. Les familles Kebaïli et Hammadi ont été décimées. Cinq femmes, cinq enfants et trois hommes ont été égorgés ou achevés à coups de hache. Misérable était leur vie, atroce fut leur mort. Zohra, la seule survivante de ceux qui se trouvaient dans le domicile des Hammadi, narrivait même pas à raconter ce qui sest passé, relate Le Matin. Les terroristes étaient au nombre de six, déguisés en militaires. Un massacre signé cette fois-ci du Groupe islamique armé (GIA). Rivalité dans lhorreur Le GSPC, apparu à la suite dune scission avec le GIA, a toujours refusé de se rallier à la politique de réconciliation nationale du président Abdelaziz Bouteflika et de déposer les armes. Bien armé et structuré, le GSPC sattaque régulièrement à des militaires ou à des représentants de lEtat. Il ne cache pas sa rivalité avec le GIA, qui poursuit ses attaques terroristes contre des civils. Néanmoins, les deux groupes armés se retrouvent dans leur opposition à tout compromis avec les autorités. Dimanche matin, un troisième attentat a eu lieu. Un militaire a été tué et cinq autres blessés, dans les monts dAmoura, à lest de Khemis. Les victimes faisaient partie dun détachement militaire en ratissage dans la région, rapporte encore Le Matin, en précisant : Aucune information na cependant filtré sur lidentité des meurtriers. Au total, 57 morts et près de 50 blessés en moins de vingt-quatre heures. Une réalité amère qui rappelle que la paix tant attendue en Algérie est encore du domaine du rêve. Le président Bouteflika se voit ainsi rappelé à lordre. Les groupes terroristes viennent de donner leur réponse à la politique de concorde civile quil compte transformer en concorde nationale, commente La Tribune. Cet état de fait remet définitivement en cause lexpression terrorisme résiduel en vogue chez les décideurs politiques. Le terrorisme nest pas fini, comme se plaît à le rapporter un certain discours officiel, constate Le Matin. Des massacres terroristes qui surviennent alors que la crise en Kabylie perdure et saggrave, et que lAlgérie est à lhonneur en France. Mais le fard et le vernis que lon sest ingénié à appliquer lors de la cérémonie douverture de lannée de lAlgérie fondent déjà comme neige au soleil, relève pour sa part Liberté. Un silence de mort Aucun pays de par le monde ne perd autant de militaires que lAlgérie. Nous livrons une guerre clandestine contre un ennemi dont nous redoutons de dire le nom : lislamisme. Nous livrons une guerre contre Al Qaida, parce que seule Al Qaida dispose des moyens de tuer 50 soldats dun coup, mais nous préférons voir ces horreurs sur la chaîne de télévision Al Jazira, constate Le Matin, en insistant sur le black-out médiatique entretenu par les organes de presse publics. Les informations sont dautant plus difficiles à obtenir que les habitants affichent un mutisme qui exprime une peur difficilement retenue. En effet, ils se retrouvent seuls dans lisolement de cette Algérie profonde que la télévision nationale ne nous montrera jamais. Ce début dannée ensanglanté annonce de nouvelles épreuves qui viendront sajouter à celles, déjà nombreuses, qui empoisonnent la vie des citoyens et dont Abdelaziz Bouteflika ne fait que peu de cas, occupé quil est à préparer sa réélection en 2004, estime Liberté, avant de constater quil serait illusoire despérer une vraie guerre contre le terrorisme islamiste sous le règne de lactuel chef de lEtat. La responsabilité de la politique menée par Abdelaziz Bouteflika et son gouvernement est également dénoncée par Le Matin : Cette absence de réaction officielle est significative dune démarche politique, dont la concorde civile aura été le premier jalon. Et ce dans la perspective de la concrétisation de la concorde nationale, noyau dur dune alliance stratégique islamo-conservatrice, en vue de remporter lélection présidentielle de 2004. Derrière le discours qui entretient lillusion que les islamistes radicaux peuvent être raisonnables si on leur ménage un espace politique, poursuit Le Matin, nous livrons une guerre de lâches. Il faut en finir avec ces tueurs intégristes qui tiennent en otage lAlgérie et arrêter de finasser avec leur allié principal : le président de la République. Combien faut-il de cadavres dadolescents pour que Bouteflika soit réélu ? Son confrère La Tribune enchaîne : Les terroristes du GIA et du GSPC viennent de rappeler, au début dun compte à rebours dune élection présidentielle des plus décisives, que le seul langage quils comprennent est celui des armes. HSY |
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