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Le 12 juillet 2003

  Paru sur Le Matin d'Algérie
  Terrorisme : alerte maximale à la frontière algéro-malienne
 
  De source sécuritaire, il est confirmé qu'une alerte maximale est lancée ces derniers jours dans la région frontalière entre l'Algérie et le Mali. Néanmoins, il est en même temps souligné que si cette alerte coïncide avec l'enlèvement dans cette région, la semaine dernière, de douaniers par un groupe suspecté appartenir au GSPC, elle n'est pas pour autant un « fait nouveau ».
Cette région, comme plusieurs autres dans le Grand Sud, selon notre source, est soumise régulièrement à des «opérations» de ce type du fait qu'elle n'est pas suffisamment couverte en hommes et en moyens mais aussi pour garder en éveil la vigilance des troupes en place.
Dans le même ordre d'idées, ajoute-t-on, si l'alerte est sonnée régulièrement, en général toutes les deux semaines, en réalité elle est quotidienne ces dernières années suite à l'agitation avérée ou suspectée des terroristes du GSPC dans les zones frontalières du Grand Sud. Car aussitôt une alerte levée, une autre est lancée ; son niveau restant dépendant de la conjoncture et de la fiabilité des renseignements recueillis.
Mais lorsqu'on sait qu'à elle seule, la longueur de la frontière entre notre pays et le Mali est presque l'équivalent de tout le littoral algérien, on peut mesurer la complexité de la situation et celle des moyens qu'il s'agit de mettre en place pour un maximum d'efficacité.
Jusque-là, poursuit notre source, des points de repère stratégiques préalablement déterminés, notamment ce qui est appelé dans le jargon sécuritaire « Bidon IV » et « Bidon V », sont restés, dans la wilaya d'Adrar, des postes permanents de surveillance. Cette appellation de « bidon », en référence à une très ancienne pratique qui consistait à poser dans des points précis de simples bidons remplis de sable dans l'immensité du désert, est restée dans le langage des troupes, bien qu'aujourd'hui ces « points de repère » aient évolué qualitativement et quantitativement.
D'autant plus que cette région tout comme son prolongement entre l'Algérie et le Niger est l'objet d'une vigilance à toute épreuve surtout depuis que le terrorisme islamiste a commencé à s'y intéresser. Et après l'enlèvement des trois douaniers la semaine passée, le dispositif de surveillance tout autant que les moyens de lutte ne peuvent que se renforcer et s'affiner davantage.
Car si des actes pareils témoignent de la détermination des groupes terroristes qui marchent la main dans la main avec les réseaux locaux de contrebande de part et d'autre des frontières, ils sont aussi un moyen de mieux connaître leurs méthodes, itinéraires, nombre, relais, etc.
Et plus ils multiplieront des actes criminels de ce type, plus ils courent à leur perte.

Mohamed Issami

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