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Le 30 juillet 2003

  Paru sur elwatan
  Recrudescence du terrorisme à travers plusieurs régions : plus de vingt morts en deux mois
 
  L'attaque d'un convoi de la garde communale, avant-hier à la tombée de la nuit à Aïn Zaouia nous renseigne davantage sur la facilité avec laquelle les terroristes commettent leurs crimes dans la wilaya de Tizi Ouzou, qui connaît depuis un peu plus de deux mois une recrudescence, sans précédent, des attentats terroristes.

Les sbires de Hattab agissent comme en terrain conquis, de jour comme de nuit. Depuis le 1er juin, il y a eu plus de vingt morts, principalement des éléments des différents services de sécurité. Ces terroristes, qu'on dit très mobiles, se déplaçant d'une région à une autre, tentent de faire croire, lorsqu'ils arrêtent des citoyens dans des faux barrages, qu'ils ne sont pas contre la population et que leur cible reste les éléments des services de sécurité et ceux qui représentent «la houkouma» (l'Etat). Mais la réalité est là. De plus en plus de civils sont tués. Des policiers, des gardes communaux, des appelés du service national, un député et de simples citoyens ont été assassinés en deux mois. Les opérations de recherches déclenchées après chaque attentat n'aboutissent généralement à rien de concret. On bombarde des maquis, on mobilise des hommes et des moyens, mais les sanguinaires restent introuvables. Selon des sources concordantes, il y aurait un peu plus de 70 terroristes dans la wilaya de Tizi Ouzou, divisés en petits groupes, fortement armés, en perpétuel mouvement. Leur zone d'activité s'étend, selon nos sources, de Draâ El Mizan, au sud-ouest de la wilaya, jusqu'à Larbâa Nath Irathen et Aïn El Hammam, au sud-est, en passant par les forêts et maquis longeant la RN 30, des limites de la wilaya de Bouira et Boumerdès à l'ouest jusqu'au bassin de Takhoukht, situé à l'ouest de la région des Ath Irathen. C'est dans cette région que le dernier attentat a été perpétré contre un véhicule de transport de fonds, ayant fait trois morts. Depuis le 4 juin, jour où une patrouille de police a été attaquée à Beni Douala, faisant neuf morts, les terroristes ont redoublé de férocité dans toute la partie sud de la wilaya de Tizi Ouzou qui, au vu de son relief très accidenté et ses larges espaces boisés, offre un terrain propice aux activités des sbires de Hattab.

Effets de la concorde civile
La recrudescence du terrorisme dans une région marquée par plus de deux ans d'instabilité donne lieu à toutes sortes de supputations. Pour nombre d'observateurs plusieurs facteurs peuvent expliquer ce qui se passe en Kabylie ces derniers mois. On évoque avec insistance la faiblesse du renseignement qui permettrait aux forces de sécurité de combattre efficacement les groupes terroristes. Le pourrissement de la situation dans la région, voulu et entretenu depuis deux ans, y est peut-être pour quelque chose.  A ceux qui évoquent le lien entre l'absence sur le terrain des gendarmes et cette flambée de violence terroriste, certains observateurs rétorquent que dans d'autres wilayas du pays où les gendarmes sont plus présents, le terrorisme n'a pas pour autant disparu. Il faut dire aussi que la crise que vit la région, avec son lot de répression qui n'a épargné personne, a réduit à néant la confiance des citoyens dans les institutions de l'Etat. A cela, il faudrait aussi ajouter les effets pervers de la concorde civile de Bouteflika, qui a gracié des milliers de terroristes, engendrant une démobilisation quasi générale. La Kabylie, qui a toujours été hostile aux idées intégristes, qui a résisté durant des années contre les hordes terroristes, se trouve aujourd'hui dans une nouvelle spirale de violence, favorisée par une absence quasi totale de l'Etat, qui ne se manifeste que lorsqu'il faut réprimer telle ou telle manifestation populaire ou traquer un des nombreux délégués des archs, laissant se pavaner dans la nature des sanguinaires sans foi ni loi.       

M. H.
Tizi Ouzou : De notre bureau

  el watan (original) >>>
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