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Berne, le 14 aout 2003

  Paru sur edicom.ch
  La coopération suisse au Mali à nouveau sur les bons rails  
 
  Fragilisée par le meurtre du coordinateur Jean-Claude Berberat en 1994, l'aide au développement retrouve de la vigueur après les excuses du Mali.

Lieu de détention probable des otages au Sahara, le Mali est depuis plus d'un quart de siècle l'un des bénéficiaires principaux de l'aide au développement suisse. Ces dernières années pourtant, les relations se sont tendues suite au meurtre du coordinateur du bureau de la coopération suisse au Mali, Jean-Claude Berberat, en 1994. Les excuses du Mali ramènent désormais une certaine sérénité.
Agé de 47 ans, Jean-Claude Berberat avait été tué en octobre 1994 à Niafunke, dans le nord du pays, au cours d'une attaque armée en pleine guerre entre les forces militaires maliennes et les rebelles touaregs. L'affaire avait jeté un froid sur les relations entre la Suisse et le Mali. Comme l'a appris l'agence AP par la bouche d'Adrian Schläpfer, chef de la coopération bilatérale au sein de la Direction du développement et de la coopération (DDC), il a fallu sept ans pour rétablir la bonne entente.
Après les faits, la Suisse avait fait pression sur le Mali pour que l'affaire soit tirée au clair et que les responsables répondent de leurs actes. En automne 1994, le Mali avait admis que le coordinateur avait été tué par des éléments incontrôlés de l'armée.
Le ministre des affaires étrangères de l'époque Flavio Cotti avait dans la foulée convoqué l'ambassadeur malien à Berne au Palais fédéral en décembre 1994, faute d'avoir obtenu un rapport d'enquête écrit. La Suisse avait alors menacé de suspendre sa coopération au développement. Par la suite, le Mali avait donnée des signes positifs quant à sa volonté de régler l'affaire.

Excuses en 2001
Mais en 2001, le juge malien chargé de l'enquête contre les responsables présumés - des membres d'une patrouille - avait classé le dossier. Malgré un recours suisse, l'affaire a été déclarée secret d'Etat. La Suisse n'a pas voulu en rester là, selon Adrian Schläpfer. Elle a réclamé au moins des excuses officielles.
C'est finalement le 30 juillet 2001 que ces dernières sont parvenues en bonne et due forme au président de la Confédération d'alors, Moritz Leuenberger. Le gouvernement malien a par ailleurs créé un prix dédié à Jean-Claude Berberat, destiné à récompenser les engagements en faveur de la paix. La Confédération s'était alors déclarée satisfaite de l'issue.
De ce fait, les conditions sont réunies pour une normalisation de la collaboration avec le Mali. La Suisse avait notamment suspendu son aide au nord du pays suite au meurtre de Jean-Claude Berberat. Par ailleurs, selon Adrian Schläpfer, un nouveau programme est en train d'être défini. Il est prévu d'intensifier graduellement la coopération.

bb/mi

  edicom.ch/AP (original) >>>
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