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D O C U M E N T S
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30 janvier 2003 |
| Article paru dans l'Expression.dz elayé par le site http://www.algerie-guide.com | |
| Mafia et terrorisme ne font plus qu'un : l'empreinte du cartel du cannabis |
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| Ils ont largent, des appuis à tous les niveaux et des armes quils nhésitent pas à utiliser contre les forces de lordre. La connexion entre les groupes mafieux et le terrorisme a donné naissance à une nouvelle race de terroristes structurés en groupes autonomes activant dans le Grand-Sud. Avec des moyens de guerre, ils viennent dentrer dans les annales du grand banditisme en Algérie. Cela sest passé il y a quelques jours à El-Oued. Ironie du sort ou simple hasard, cest là où a été commis le premier attentat terroriste, qui a marqué le début de dix ans de feu et de sang dans le pays. Pour les services de sécurité qui ont redoublé de vigilance, il sagit de ne pas trop se précipiter dans des interprétations hasardeuses. Il faut attendre les résultats des recherches. «Il faut laisser les choses dans leur contexte», nous a indiqué une source de la Gendarmerie nationale qui sest contentée de dire quil sagit «dun groupe non identifié repéré lors dune patrouille de routine dans la commune de Djemâa» au nord dEl-Oued. Ce groupe préparait quelque chose dans le désert. Il nappréciait pas la présence d«intrus», particulièrement les forces de lordre. Sagit-il dun groupe terroriste que recherchent les forces de lordre depuis plus dun mois? Il ne nous a pas été possible de confirmer ou dinfirmer cette piste par nos sources qui ont refusé davancer une hypothèse. Toutefois, il a été établi que les gendarmes du désert ont senti une drôle dodeur, cette nuit-là: celle du grand trafic de cannabis. Pour certains, rompus à la lutte contre la contrebande, il ny a aucun doute. Mais la nouveauté dans cet épisode de lutte contre les contrebandiers, consiste à retenir que les gendarmes qui ont accroché les malfrats ont dû faire face à une résistance hors du commun. «Cest la première fois quun groupe de trafiquants de drogue utilise des moyens de guerre pour repousser les attaques de la Gendarmerie nationale», relève-ton. Les échanges de tirs ont duré pas moins de cinq heures. La déduction qui saute aux yeux est que les contrebandiers disposaient darmes de guerre et quils semblaient en maîtriser lusage, assez bien en tout cas pour échapper aux gendarmes. A bord de voitures utilisées généralement pour le trafic de cannabis, ils se sont mystérieusement volatilisés dans le désert. Nos sources indiquent, à cet effet, que ces trafiquants connaissent bien la région et disposent de relais se déployant jusquen Libye. Le groupe en question a été repéré lors dune patrouille de routine dans la localité de Djemâa dans la wilaya dEl-Oued. Visiblement bien équipés en armes, les éléments de ce groupe ont tenu tête à la déferlante de balles de la gendarmerie pendant plus de cinq heures avant de prendre la fuite à bord de voitures hyperrapides des Toyota «Station». Aucune victime parmi les forces de lordre qui ont perdu la trace du groupe après une longue course-poursuite dans le désert. Il sagirait, selon une source crédible proche des services de la gendarmerie, dun groupe de trafiquants de drogue qui connaît parfaitement les grands chemins du désert. «Jamais les trafiquants nont utilisé des armes de guerre pour échapper à la gendarmerie», a affirmé notre source, en commentant lincident. Cela constitue un autre indice qui consacre le lien entre le terrorisme et les milieux mafieux. Le groupe en question aurait pris la direction des frontières avec la Libye. Toutes les opérations de recherche, de renseignement et de ratissage dans lest et le sud-est du pays, ont confirmé les conclusions des services de sécurité. Elles ont, en outre, abouti à des résultats à vous couper le souffle. Cela étant, et selon le recoupement dinformations les services de sécurité ont adapté les mesures de sécurité en fonction du nouveau redéploiement des groupes armés. Cela, en intégrant le mode opératoire du grand banditisme avec celui du terrorisme. Des groupes autonomes et impprévisibles Cest ce qui a permis la découverte dun nombre important de voitures volées dans le Grand-Sud et, partant, le démantèlement dautres réseaux de soutien au terrorisme et au grand banditisme. Selon les aveux de certains membres arrêtés, la connexion entre ces réseaux qui activent dans tout lEst a fait émerger une nouvelle race de terroristes mafieux qui ne reculent devant rien. Selon les dernières informations en notre possession, une vaste opération de ratissage avait immédiatement été déclenchée pour retrouver la trace de ce mystérieux groupe qui pose de sérieux problèmes aux services de sécurité dans la gestion de ce phénomène nouveau. En effet, traqués dans les maquis, les groupes armés se sont dispersés en formant de petits groupuscules bénéficiant dune mobilité extraordinaire du Nord-Est au Sud-Est. Largent sest mêlé au terrorisme pour créer un nouveau phénomène qualifié par les spécialistes de «gangsterrorisme» un terme désormais consacré par des analystes du nouveau grand banditisme. Ils ont largent, des appuis à tous les niveaux et des armes quils nhésitent pas à utiliser contre les forces de lordre. Un élément de plus. Cest carrément une raison dêtre. Cest à ce niveau que senchevêtrent le banditisme et le terrorisme. Au début cétait comme un jeu, lun prenant parfois lapparence de lautre. Ils ont fini chacun par y prendre goût. Désormais la mafia et le terrorisme ne font plus quun. La connexion entre les groupes mafieux et le terrorisme a donné naissance à un nouvelle race de terroristes structurés en groupes non autonomes activant dans le Grand-Sud. Avec des moyens de guerre, ils viennent dentrer dans les annales du grand banditisme en Algérie. Mais qui sont ces groupes qui sont prospères dans le Grand-Sud? Ont-ils des objectifs politiques hormis largent? Généralement, les trafiquants de drogue nexposent pas leur vie en cas dattaques des forces de lordre. Mais il faut croire que les chemins des terroristes et ceux de la mafia se sont croisés. Quand? Nul na la réponse. Comment? Lénigme a partiellement été élucidée à travers les aveux de membres de réseaux de soutien. En effet, depuis plusieurs semaines, les services de lordre ont décidé de mettre en place des tactiques qui sadaptent aux nouveaux redéploiements des ces groupes. Il sagit de mener plusieurs opérations de ratissage, de recherche et de renseignement sur plusieurs endroits en même temps. Cela a permis le démantèlement de réseaux de soutien à Souk-Ahras, Batna, El-Oued, Biskra, et Tébessa, et plus au Sud à Ghardaïa, Tamanrasset, Djanet. Les analystes ont découvert que la liste criminogène ainsi que le champ daction des groupes armés se sont élargis à travers des structures non identifiées. La plus grande crainte est que ces régions vastes et difficiles à contrôler ne soient utilisées à travers ces groupuscules qui ne reculent devant rien comme une rampe de lancement pour le terrorisme politique. LEurope étant hermétiquement fermée, les filières du terrorisme sur le Vieux Continent sévèrement atteint, les groupes terroristes en Algérie ont fait appel à lappui des filières africaines de trafic darmes et de drogue pour assurer leur approvisionnement et diversifier leurs sources financières. Cela inquiète au plus haut point, aussi bien les services de sécurité algériens que ceux des Occidentaux. En effet, selon des sources bien informées, un responsable du département américain à la Défense a révélé la carte américaine, définissant le redéploiement de ces groupes dans les pays du Sahel et du Sud algérien. Il sagit du Tchad, du Mali, du Niger, de la Mauritanie, de la Libye, et du Soudan. Lapprovisionnement en armes depuis les zones de conflits armés en Afrique, est devenu une des activités essentielles des groupes armés avec un élément nouveau. Connaissant parfaitement le Grand désert, et bénéficiant dune sorte de «no mans land» instauré par une complicité souvent dénoncée par lAlgérie, la mafia du cannabis et de lhéroïne est souvent sollicitée pour lacheminement des armes. La topographie et la grandeur des frontières ont carrément favorisé lémergence dune sorte de «zones franches» de trafic darmes. Le responsable du département de la défense a cité à ce propos, le groupe de Mokhtar Belmokhtar, comme lun des principaux acteurs qui acheminent les armes et les véhicules Station aux groupes terroristes. Mais, dores et déjà, lAlgérie est appelée à constituer la «cheville ouvrière» de la lutte antiterroriste dans la région. Lindigence des Etats et la porosité des frontières impliquent, toutefois, une action à long terme dans ces régions reculées du Sahara, le plus souvent sinistrées par la sécheresse et les conflits, et dont les populations, en majorité, sont nomades. Selon des sources bien informée larrestation de quelques éléments dissidents de Hassan Hattab, a permis létude du phénomène de lémergence de nouveaux groupes autonomes. Les filières du Sud-Est Traqués au Nord, ils essayent de se redéployer au Sud. Les terroristes arrêtés ces derniers temps, comptent, parmi eux, des éléments du dissident du Gspc et frère ennemi de Hattab, le fameux émir Abderrezzak le «Para» qui a annoncé sa dissidence au cours des deux dernières années. Les guerres intestines des deux groupes ont encore été un allié idéal pour les forces de sécurité qui ont infligé des coups durs aux groupes armés. Et ce, sans compter aussi le nombre considérable déléments ayant fui les maquis et qui ont fourni des informations on ne peut plus précises sur les groupes terroristes. En effet, plusieurs personnes, dont des affairistes connus à lest et au sud-est du pays, sont tombées entre les mains des services de sécurité. Leurs aveux ont permis la découverte dun réseau de trafic darmes à Tébessa, mais les tentacules sétendent jusquà Illizi et même en Libye. Les aveux confirment lexistence de réseaux dormants encore actifs qui pourraient être utilisés comme des passeurs par les vastes frontières. Aussi plusieurs voitures volées destinées aux groupes armés ont été découvertes dans la région de Biskra il y a quelques semaines. Le pire cest que lexistence détrangers en possession de faux papiers, parmi les trafiquants et les terroristes, est devenue une réalité. Des membres des réseaux de soutien avaient affirmé aux enquêteurs avoir hébergé des hommes parlant des langues étrangères. La nationalité de ces mystérieux étrangers na pas été révélée. Mais les recherches ont mené les enquêteurs jusqu à Tamanrasset, à 2500 km dAlger, qui a hébergé des milliers de clandestins de près de 40 nationalités africaines. Ce sont des jeunes qui refusent de rebrousser chemin et qui sont particulièrement ciblés pour des recrutements. Une fois arrêtés, ces Africains qui ont fui leur pays pauvre et en guerre, sont difficiles à identifier, et ils travaillent généralement sans savoir pour qui. Ahmed ZAKARIA |
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