A C T U A L I T E S

 

Au jour le jour, ou tout comme..., ce que l'on peut tirer de ce qui se dit, s'écrit, se maile...  
 
Du 4 juin à aujourd'hui. (Avant >>>)
 
  DATE OBSERVATIONS
 
 
  24 AOUT
Ça aurait fait
183 JOURS
Voilà déjà quatre jours que l'affaire est "terminée". Mais le Sahara, pour quelque temps, ne sera plus jamais le même. Nous ne pourrons plus, nous "étrangers", passionnés ou simples curieux (et pour combien de temps ?) y circuler en toute liberté.

A qui la faute ?
A personne et à tout le monde. Les ravisseurs ont été les révélateurs d'un été de fait qui s'accommodait de l'absence d'état.
Plus les conditions de circulation, grâce à la technique, s'améliorent (fiabilité des véhicules, multiplication de cartes, disponibilité de photos satellite...) et se sécurisent (téléphone satellite, GPS...), plus il est facile d'y aller et moins on pourra le faire.
On trouvera des tribuns pour déclarer de façon péremptoire que le désert appartient à tout le monde, qu'il est et doit rester un espace de liberté comme la mer ou la montagne...
D'un poitn de vue éthique, on peut le soutenir. D'un point de vue pragmatique, ça ne tient pas la route...
Dans le désert vivent des gens. Ces déserts sont légalement placés sous le contrôles d'états. Qu'ils l'exercent ou non.
Tant que tou va bien, peu importe. Mais quand des "étrangers" ont un problème, ces états se trouvent confrontés à une pression à laquelle ils ne sont pas préparés et ne peuvent tout simplement souvent pas répondre. Car comment leurs ressortissants peuvent admettre que l'on dépoie pour des "étrangers" des moyens que l'on ne met pas en oeuvre pour eux.
Pendant l'affaire des touristes, des gens se sont perdus dasn les mêmes régions. Certains, du côté d'In Salah en sont morts : ils cherchaient à fuir des conditions de vie insupportable en direction de la terre promise : l'Europe. D'autres ont été retrouvés, par hasars. Dans le même temps, l'Algérie mobilisait son armée : et au-delà de toutes polémiques, isl ont vraiment déployés beaucoup de monde et de matériel sur place : des hommes, des hélicoptères, des chars (!!!, j'ai des témoins visuels...), des guides réquisitionnés, etc.
Et qui va payer ?
Attention, loin de moi l'idée de faire tenir un discours aussi indécent que celui qui est tenu en Allemagne où certains cherchent à faire porter la responsabilité sur les touristes. S'il y a un coupable, là, ce sont les autorités algériennes et leur laxisme. Car "ils" savaient qu'il y avait des "gens" à cet endroit. Nous n'en voulons pour preuve que le fait que l'armée était déjà là, avant les enlèvements. Il y avait d'ailleurs des "barrages", sur la piste, après Bordj Omar Driss en direction d'Amguid.
Mais ce ne sont pas les seuls responsables. Les touristes, trop habitués à des interdictions non motivées et qu'on ne faisait pas respecter, on vite trouvé la parade. Quelques jours avant les premières prises d'otages, les forums sur internet colportaient la nouvelle : "Pour échapper aux barrages, contourner le parcours en prenant à droite 10 km avant le carrefour". Depuis des dizaines d'années, ça fonctionnait comme ça, bien avant internet. Il y avait les pistes C, ces pistes rouges interdites à toute circulation. Peu de risques de les prendre : on y voyait jamais de police, tout juste de trafiquants, rencontres plutôt rassurantes. Il y avait les chantiers de la route, qui envoyaient les voyageurs à travers le désert, car les vieilles pistes balisées étaient alors souvent interdites : interdit, démerdez-vous par là...
Et les contrôles en ville... On se faisait tamponer le passeport. Mais qui contrôlait l'état du véhicule, la présence d'eau, de nourriture, de cartes ?
Et pourtant, nous avons été des dizaines de milliers à parcourir ces pistes. Et, même si les statistiques sont absentes, je doute fort qu'il ai été plus dangereux de traverser le Sahara que de prendre la route en France un Lundi de Pentecôte...

Le bon exemple...
Alors oui, aussi, il y a des trafiquands du patrimoine. Maintenant que l'on a pris conscience de ce patrimoine, il n'est plus acceptable de cautionner ce genre de trafic. Qui n' apas pris des pointes de flêche. Il est interdit de les ramasser, masi on vous les vend dasn les échoppes de Djanet ou de Tam ou on vous les échange sur la piste contre des piles neuves (vécu !). Et des morceaux de poterie ? Des bijoux ? Des meules (j'en ai laissé une dans l'Erg Medjehibat, somptueuse, tout juste découverte par une dune après une tempête. Je la revois en permanence. Je la regrette. Pas tant parce que j'aurais aimé l'avoir devant moi tous les jours, faire partager cette découverte avec les gens autour de moi et leur montrer que ce n'est pas que dans les livres que ces choses existent. Et surtout parce que quelqu'un d'autre a du la prendre après moi. Et en même temps, elle était là-bas à sa place et je sui scontent de l'y avoir laissé.
Mais les pires attitudes, je les ai vues de la part des autochtones : poubelles laissées sur le plateau de Djabarren, voitures garées sur les gravures rupestres du côté de Youf Hahaket, récoltes sauvages d'objets pour "la photo", pillage pour les notables, saccage du site de l'Assekrem par l'armée, absence de soutin au magnifique musée des pères blancs à Ouargla... Commetn voulez-vous que des touristes peu scupuleux (il y en a) ou des trafiquands professionnels n'aient pas l'impression que tout est permis ?
 
 
 
  20 AOUT
179 JOURS
Ça ne fera donc pas six mois, il s'en est fallu de quelques heures ! Qui s'en plaindra ? Toujours est-il que ces passionnés de désert rentrent à la maison, c'est le plus important, dans des conditions très mouvementées, une dernière épreuve pour eux et leurs familles.
Après l'isolement, ils vont être confrontés au déferlement médiatique. Et aux polémiques...
Souhaitons qu'ils ne seront pas dégoutés du Sahara. Souhaitons que nous pourrons y retourner. Car se profilent à l'horizon des mesures "sécuritaires" visant à dissuader les "aventuriers" de se rendre dans des pays à risques...

 
 
 
  19 AOUT
178 JOURS
Dernières infos hier soir sur Kidal.info >>> (18 aout, 21h49 GMT, 23h49 Paris), en direct de Kidal.
Tous les otages sont libres, sains et saufs à Tessalit depuis 16h00 GMT. L'avion allemand qui a rejoint Bamako pour la nuit s'envolera demain matin pour Tessalit, avec retour immédiat sur Bamako.
La mission était constituée d'Iyad et d'Ibrahim (comme déjà annoncé il y a quinze jours) auxquels s'étaient joints Akhmada, Inawelen et Abdallah pour la région, ainsi que le Haut Commissaire le Colonel Touré et Baba Ould Cheikh pour Gao.

 
 
 
  18 AOUT
177 JOURS
Hier, en fin de journée, la rumeur a commencé à circuler :
"Ils sont libres !"
Ceux qui suivent cette affaire depuis le début savent à quel point il faut être prudent. Le 19 mai dernier, nous avions eu déjà cette information, malheureusement bien vite démentie par l'armée algérienne.
Voici le point de la situation telle qu'on peut l'appréhender à 00:30.
Il sont libres, à Kidal, en attente d'être transférés vers Bamako, demain matin. On peut attribuer ce délai supplémentaire à la taille insufisante de l'aéroport de Kidal, qui ne doit pas offrir toutes les conditions nécessaires à l'arrivée et au redécollage de nuit d'un avion de taille moyenne.
Nous attendons toutefois la confirmation de toutes ces informations...

20 heures plus tard nous sommes toujours dans la plus extrême confusion.
Sont-ils libres ?
Au moins sous la responsabilité des Maliens ?
Tous rassemblés ?
A Tessalit ? A Kidal ?
En tous cas, ils n'ont pas été remis aux autorités allemandes. A tel point que le Transall chargé des les prendre en charge à Gao est retourné à Bamako, pour changer d'équipage, celui-ci ayant dépassé son quota d'heures légales... Un autre équipage prendra les commandes de l'avion et le ramènera à Gao. En cas de besoin, un Airbus stationné à Niamey pourra prendre le relais. L'aérodrome de Tessalit ne permet pas le vol de nuit dans des conditions de sécurité optimales, celui de Gao, bien que plus important et plus facile d'accès, n'est pas non plus suffisament équipé pour permettre de rotations nocturnes en toute sécurité.
Il faudra donc attendre demain matin pour qu'il y ait du nouveau...


En fait, ils sont sous la protection des autorités maliennes depuis 16:00 (18:00 à Paris) et devraient ête rapatriés sur Bamako dès mardi matin.

 
 
 
  17 AOUT
176 JOURS
Est-ce leur dernier jour de détention ? En tous cas, malgré certains propos alarmistes colportés par des journalistes avides de sensationnel, il apparaît bien qu'Iyad Ag Agali, le médiateur touareg, soit l'homme de la situation et fasse avancer les choses vite et dans le bon sens.
On avait chercher à faire croire qu'il était du côté des ravisseurs. En fait, il est du côté de la paix, du bon sens, du bon droit, sans a priori.
Qu'il est facile de s'appuyer sur des clichés. Comme cet article de l'Express, qui, il y a quelques mois, faisait apparaître le région de Kidal comme une espèce de réplique africaine du triangle d'or du Myanmar (ex-Birmanie), un eldorado où l'argent coule à flot, où on "cruise" en 4x4 rutilant, le téléphone satellite vissé à l'oreille pour parader dans les rues de Kidal...
La vérité en est bien loin. Vous voulez vous faire une idée plus précise de ce qui s'y passe réellement ? Lisez l'article de l'AFP consacré à l'économie de Kidal >>> ou parcourez le super site de kidal.info >>>
.
Le peuple touareg a construit son économie de survie sans tenir compte des frontières, cette ligne tracée au milieu de nulle part dans des bureaux européens...

 
 
 
  8 AOUT
167 JOURS
Finalement, il n'y a pas d'ultimatum. Juste des négociations, avec des exigences jugées "déraisonnables" par les gouvernements, non négociables par les preneurs d'otages. Ces derniers ont renouvellé la stratégie de Tamelghik : les otages sont disséminés sur une région assez vaste. Et, dans la région de Taoudenni, où ils semblent bien être en définiticve, il y en a de place...
Maintenant, plus inquiétant, il est dit que six otages sont malades, dont un assez sérieusement. Ils ont des médicaments, mais pas de médecin. Actuellement, tous les efforts se concentrent pour obtenir au moins la libération rapide des plus faibles.

 
 
 
  6 AOUT
165 JOURS
Tout lemonde en a assez. Plus question de perdre du temps, surtout qu'on a des craintes sur l'état de santé d'au moins six des otages.
Les autorités maliennes et allemandes ont donc donné un ultimatum à Abderrezak El Para vous libérez les malades et les plus agés ou nous attaquons... Nous, c'est les Maliens, les Allemands, les Algériens...?
En tous cas, en haut lieu, on semble décidé à régler le problème avant le Week-End. Il n'est pas question de voir un autre otage décéder d'épuisement sans intervenir, d'autatn plsu que les otages ne sont plus dans l'Adrar des Ifoghas mais vers Taoudeni, plus près de la Mauritanie. Et là, en plein mois d'août, les conditiosn climatiques sont extrêmes...

 
 
 
  4 AOUT
163 JOURS
Nous sommes presque "en direct" maintenant, avec la présence sur place des médias occidentaux. Le problème, c'est que le moindre rumeur est envoyée sur les ondes en temps réel, sans recul, les journalistes jouant le "scoop" pour devancer leurs concurrents...
C'est aussi désolant que les reportages façon jeu vidéo que nous avons pu découvrir lors de la dernière guerre d'Irak.
Or dans le désert, surtout en plein été, il faut prendre son temps. Réfléchir. En particulier avec les Touaregs. Même si tout le monde s'accorde à dire que les ravisseurs sont des "blancs", des gens du nord... qui eux ne prennent pas leur temps et qui doivent comme les otages souffrir de la chaleur et du manque de nourriture.
Toutefois, il est surprenant de constater comment ils se débrouillent bigrement bien pour "jouer" avec le désert. Les connaisseurs y voit là la patte de la compétence malienne, réputée offrir les meilleurs guides du Sahara.
On dit les otages dans l'Adrar des Ifoghas (l'hypothèse de Taoudeni ne semble pour l'instant pas très solide). Cette région montagneuse, au sud de Bordj Badji Mokhtar, frontière algéro-malienne située tout au bout de la piste du Tanezrouft, est pauvre parmi les pauvres.
Eloignée de Bamako par plus de 1 200 km de pistes (maintenant, il y a bien la route depuis Gao par Mopti mais rejoindre Gao pendant la saison des pluies est très difficile), elle s'est toujours sentie abandonnée, délaissée. Et ça n'a pas raté : entre 1990 et 1996, une révolte a secoué cette région et par conséquence tout le Mali.
Grâce à l'aide de l'Algérie, une solution politique a été trouvée au conflit : la région a gagné une certaine autonomie et le poste de premier ministre malien est occupé par un touareg.
Mais s'il y règne un calme relatif, tout n'est pas "normalisé" pour autant. Ainsi, cette zone est réputée peu sûre pour les voyageurs : on s'y fait voler les voitures. C'est aussi un repère de contrebandiers et même soupçonné est la base arrière d'islamiste algériens.
Ces deux "populations" se connaissent, font du "commerce". Les gens du Nord y sont tolérés pour cette raison mais le "bruit" qu'ils viennent de créer pourraient remettre en cause ce fragile équilibre. D'autant plsu que les USA demandent l'autorisaiton d'y ouvrir une bas epour lutter contre le terrorisme. Et ça, c'est mauvais pour une certaine forme de "commerce" .
Le "médiateur" du conflit, qui a réçu l'agrément de toutes les parties est un certain Iyad Ag Agali. Ce touareg, membre d'une des plus grandes familles de la région est une vieille connaissance : c'est en effet, un ex-leader de la "révolution" touareg du nord Mali... Il a donc des contacts privilégiés des deux côtés ! Et il a tout intérêt à ce que le "problème" soit réglé au plus vite, entre gens de connaissance, sans que d'autres viennent trop mettre le nez dans ce qui se passe là-bas.
Voilà qui apporte des garanties sur la manière dont il va tenter de faire aboutir les négociations au mieux...

 
 
  31 JUILLET
159 JOURS
Selon le magazine Malien L'Indépendant, les otages sont désormais retenus au nord de Kidal, à la limite de l'Adrar des Ifoghas, entre les villages de Taoudenit et de Boujbaïa.
Le contact a été établi entre les autorités maliennes et les ravisseurs. Ces derniers ont transmis leurs exigences sur une cassette vidéo.
Ce sont à la fois de bonnes et de moins bonnes nouvelles.

Côté positif, leur départ de l'Algérie libére les otages d'un imbroglio politico-diplomatique qui a tant contribué à faire trainer les choses. Les autorités des pays d'origine des otages peuvent semble-t-il agir plsu directement et plus ouvertement.

Cöté négatif, les ravisseurs sont chez eux, en "sécurité" dans leur quartier général. Bien qu'ils prétendent avoir des difficultés à fournir de la nourriture aux otages, ils sont dans une situation beaucoup moins précaire. C'est ainsi qu'ils reprennent de l'assurance et semblent développer de nouvelles exigences. "Quittez l'Algérie en échange de la libération des otages" était un scenario trop simple pour être crédible au point où en sont les choses... Les algériens ont réglé le problème des otages : ils l'ont envoyé se régler ailleurs !
Et comme le déclarait en début de semaine la femme d'un des otages : "Mon mari peut revenir dans deux jours comme ne pas passer le prochain Noël à la maison..."
Malheureusement, les exemples de règlement à rallonge de ces conflits sont légions : les otages français du Liban ou américains d'Iran, Françoise Claustre au Tibesti, Ingrid Betancourt en Colombie... Pour ne citer que ceux là qui sont restés prisonniers des mois, voire des années...

 
 
  29 JUILLET
157 JOURS
Nous le savions depuis presqu'un mois : une des otages, une allemande, est morte des suites d'une insolation. Elle a été inhumée sur place, à Tamelghik.
Les autres otages, selon les informations communiquées aux familles par les autorités helvétiques vont aussi bien que possible.

Même la presse algérienne en rigole (ici, la Une du Matin). Zerhouni, le ministre algérien de l'intérieur en proie à des accusations d'enrichissement personnel et de torture (...!) perd les pédales et soutient l'improbable. En fait, par son attitude, il fait là encore, à son corps défendant, la démonstration des luttes intestines que se livrent l'armée et le pouvoir sortant.
En ce qui nous concerne, les otages ont été évacués d'Algérie par leurs ravisseurs. Ces derniers ont ainsi regagné leur quartier général, sains et saufs. Vont-ils remplir leur partie du contrat, c'est à dire la libération des otages ? Souhaitons que ce ne soit plus qu'une affaire d'heures...
En tous cas, pour l'armée algérienne l'affaire est réglée : "ils ne sont plus sur le territoire algérien..." prochaines heures devraient nous renseigner. . Toujours est-il qu'aujourd'hui c'est encore le flou le plus total.
Une chose rassurante ? Toutes les sources proches du problème (pour reprendre l'expression consacrée par les médias qui suivent l'affaire là-bas) déclarent qu'ils sont encore vivants...
Et tout le monde est rentré dans ses casernes, au frais, au nord.

 
 
 
  28 JUILLET
156 JOURS
Alors Mali ou pas Mali ? On pourrait prendre pour nulle et non avenue la déclaration de Zerhouni, le ministre algérien de l'intérieur. Seulement voilà, le 19 mai dernier, tout le monde annonçait que les derniers otages étaient libérés. Tout le monde sauf... l'armée algérienne. Et c'est cette information qui était la bonne.
Maintenant, peut-on croire que les gouvernements allemands et helvétiques auraient délégués de hauts responsables à Bamako s'ils n'avaient pas eu quelques raisons sérieuses de croire à la présence des otages au Mali ? Ou tout du moins d'aller s'assurer qu'ils étaient bien là-bas ? Et peut-on croire qu'ils auraient entrepris ce déplacement fort médiatique si les autorités algériennes ne les avaient pas confortées dans ce sens ?
Toujours est-il qu'aujourd'hui c'est encore le flou le plus total.
Une chose rassurante ? Toutes les sources proches du problème (pour reprendre
l'expression consacrée par les médias qui suivent l'affaire là-bas) déclarent qu'ils sont encore vivants...

 
 
 
  25 JUILLET
153 JOURS
Décidément, la piste malienne semble se confirmer. Non seulement les armées algériennes et maliennes sont en état d'alerte (pour l'affaire des douaniers disent-ils) mais des visites "diplomatiques" ont lieu au plus haut niveau à Bamako. Cela veut-il dire que les otages ont bien été transférés au Mali ? Les allemands le laisse entendre sans laisser trop de place au doute, allant jusqu'à déclarer que des "effets personnels" appartenant aux otages ont été "trouvés" au nord du Mali. "Preuve" toutefois insuffisante cas on peut très bien déplacer un objet et "l'abandonner" (terme employé) sans que son propriétaire l'ait accompagné... Il doit donc y avoir d'autres éléments plus probants pour qu'un secrétaire d'étât se laisse aller à de telles déclarations.
Mieux, on laisse entendre, d'un côté, que les négociations auraient repris, tandis que, de l'autre, les forces armées continueraient à "chercher" les otages afin de tout faire pour les libérer... Toujours le même discours officiel auquel on a toujours autant de mal à croire.
Alors, encore une fois, risquons une hypothèse.

Téléportation...
Les otages sont bien partis avec les ravisseurs, vers le Mali, avec l'assistance/le soutien/l'aval/le concours (rayer la mention inutile) des autorités algériennes. Car on ne peut décemment croire qu'une telle troupe soit parvenue à faire les 1 100 km du trajet séparant Tamelghik de l'Adrar des Ifoghas sans que les autorités algériennes les aient vus. D'autant que certains témoignages (non confirmés) font état d'un transfert des otages et de leurs ravisseurs en hélicoptère militaire...

Qui contrôle quoi ?
Donc, ils sont bien entrés au Mali. L'état malien dément pourtant officiellement toute présence d'otages sur son territoire. Ils peuvent le dire, mais qui peut porter foi à une telle déclaration ? L'état malien ne contrôle plus grand chose (et c'est encore beaucoup dire...) dans ce secteur très éloigné de la capitale depuis fort longtemps.

Le triangle des incertitudes
Situé au sud de Timéaouine et Bordj Badji Mokhtar, au nord de Tessalit, fief touareg, point de passage obligé des échanges nord/sud, séparé de l'Algérie par une frontière "virtuelle" (un trait tracé sur une carte au milieu du désert, peu visible sur place...), abri des contrebandiers (réputés placés sous la coupe de Mokhtar Belmokhtar que l'armée algérienne est allé chercher sur place, sans succès et avec l'accord du Mali, il y a quelques semaines...), base de repli de différentes rébellions (islamistes, touaregs), bref, c'est un point "chaud" de la planète, surveillé par les américains (visite de la CIA à Alger, proposition d'implantation d'une base américaine pas loin du secteur), l'endroit idéal pour "disparaître" en tout sécurité quand on a quelque chose à se reprocher.

Affaire de coïncidence
Et, d'ailleurs, c'est ce qui s'est passé il y a quelques jours avec l'affaire des douaniers de Reggane : enlevés au sud de Reggane, sur la piste du Tanezrouft, on a retrouvé deux douaniers sains et saufs peu de temps après au Mali; leur guide chauffeur avait toutefois été tué : simple balle perdue lors de l'assaut ? Peur qu'il ne donne des indications trop précises sur l'identité des ravisseurs ou le lieu de leurs repaires ?
Toujours est-il que cette dernière affaire ressemble fortement à ce qui pourrait bien avoir été une répétition générale...

C'est pas lui, c'est moi...
Mais voilà, les otages sont donnés comme prêts à être libérés rapidement, mais ça traîne. Sommes-nous à nouveau en train d'assister impuissants à une "guerre" médiatique, comme le 19 mai dernier, quand les otages étaient donnés libérés par tout le monde sauf, au dernier moment, l'armée algérienne ?
Y a-t-il surenchère de dernière minute de la part des ravisseurs ou, pire, difficulté à rédiger le "communiqué final" établissant à qui on doit attribuer tout le mérite de la libération des otages ?
Gouvernement allemand (qui a payé), armée algérienne (qui a tenté un nouvel "assaut" victorieux), pouvoir algérien (qui a laissé partir les ravisseurs par "humanité"), état malien (car on est chez eux), avec qui vont se faire les photos et les interviews ? La seule chose qui importe est qu'ils se fassent vite.

Espérons que la réalité soit plus simple et moins désespérante...

Au fait, à Tessalit, il est prévu 43° aujourd'hui !

 
 
 
  22 JUILLET
150 JOURS
150 JOURS !!!
Et toujours pas de nouvelles depuis le 19 Mai, lorqu'ils avaient été annoncés "libérés", alors qu'ils ne le sont toujours pas.
Aujourd'hui, il a fait plus de 39° à Illizi. Le ciel est dégagé et la nuit sera assez claire, la Lune entrant tout juste dans son dernier quartier.

 
 
 
  21 JUILLET
149 JOURS
Demain, ils en seront à 150 jours, ou cinq mois, de captivité.
Demain, aussi, nous aurons peut-être de bonnes nouvelles.
Car il n'y a pas de fumée sans feu et trop de sources différentes diffusent des informations assez concordantes sur le sort des otages pour ne pas y prêter quelque crédit.
Donc, selon ces diverses sources, tout le monde, otages, ravisseurs, aurait quitté Tamelghik. Assez probablement pour le Mali, à la frontière algérienne, dans le secteur de l'Adrar des Ifoghas, c'est à dire au sud du Tanezrouft, à peu près entre Timeaouine et Tessalit, dans une région réputée incontrôlée par l'état malien mais tenue par Mokhtar Elmokhtar, d'où il organiserait le trafic entre le nord et le sud, en relation avec Abderezak El Para.
Là justement où on a retrouvé il y a quelque jours deux douaniers enlevés au sud de Reggane (le chauffeur-guide qui les accompagnait ayant été tué). Là où les forces de sécurité algérienne sont réputées être à la recherche de Mokhtar El mokhtar et des ravisseurs des douaniers.
Là où il se dit qu'il est du dernier chic de rouler en 4X4 rutilant avec le téléphone satellite rivé à l'oreille.
Il se dit aussi que les otages et leurs ravisseurs s'y sont rendus en... hélicoptère.
Avec le concours de l'armée algérienne ?
Ces dernières informations viennent d'Allemagne où le sujet est à nouveau clairement abordé, y compris à la télévision.

L'état malin dément la présence des otages sur son territoire. Cette déclaration a peu de valeur. D'abord parce que Bamako n'a pas les moyens de savoir ce qui se passe dans cette région. Ensuite, parce que dire le contraire les impliquerait trop et serait contre productif pour mener à bien les dernières tractations .

Auront-ils la chance de ne pas passer le cap des six mois ?

 
 
 
  15 JUILLET
143 JOURS
L'article du Matin consacré aux otages et paru samedi dernier fait le constat qu'il ne se passe rien. Tout du moins selon les sources "sécuritaires" qui donnent donc le point de vue officieux/officiel de l'armée nationale populaire algérienne.
"Sains et saufs" disent-ils. Traduisons : "vivants". Car il faudrait les avoir vu pour pouvoir affirmer qu'ils sont "sains" et qu'ils aient été libérés et soient rentrés chez eux pour les qualifier de "saufs"... Force est de constater qu'on en est loin !
Rapport de campagne sur le terrain. La vie est dure... pour les militaires. Il fait chaud, très chaud, et il ne se passe rien. Les otages et leurs ravisseurs sont toujours là, dans les canyons de Tamelghik (ou à peu près...), mais il n'y ni contacts, ni négociations, ni rançon. Et le mieux à faire est d'attendre. Car il n'y a que l'armée algérienne qui puisse faire quelque chose... Il est bien sur exclu de demander (ou même d'accepter) l'aide de qui que ce soit, même européen concerné ou voisin volontaire.
Quelle persévérance : nous en arrivons bientôt à cinq mois de détention et c'est toujours le même discours !
>>>

Par ailleurs, dans la même édition du Matin, un autre article (>>>) traitait de l'affaire parallèle des douaniers enlevés la semaine dernière du côté de Regganne, semble-t-il par des proches des preneurs d'otages, permet de relancer les journaux sur ce qui ne se passe pas à Tamelghik.
Tout du moins, cela permet de rappeler qu'ils existent et sont toujours retenus prisonniers. Car même si trop de bruit peut être nuisible aux tractations, il ne faut tomber dans l'effet inverse : s'il n'y a aucune pression médiatique, les responsables concernés peuvent estimer que ce sujet n'est plus de la première priorité et prendre leur temps. C'est ce qui semble justement se passer !
(>>>)

Enfin, un peu de détente. Les historiens relèveront que dans cet article il est fait mention de Bidon IV et Bidon V, termes qualifiés de jargon sécuritaire. Ceci démontre que les algériens du Nord connaissent peu ou pas le Sud et que l'armée algérienne utilise toujours des cartes françaises ou tout du moins reprenant les termes français.
En effet, les "Bidons" en question étaient des points de ravitaillement destinés majoritairement aux avions. A Bidon V, sur la piste du Tanezrouft, toujours indiqué sur la carte Michelin, il y a encore les vestiges du phare aérien, de la pompe à essence et des hangars). Les autres Bidons ne sont présents que sur les vieilles cartes, tel Bidon II au carrefour de la route de Tindouf et de Reggane, juste après Bechar...
Il n'y a donc rien à voir avec les bidons/balises des pistes comme le supposait l'auteur de cet article...

 
 
 
  14 JUILLET
142 JOURS
On pourrait voir quelques similitudes entre l'affaire des otages européens et celle des douaniers de Reggane : un groupe de gens armés arrêtent une voiture, la confisquent, emmènent leurs occupants avant de les laisser en plein désert, avec des vivres et en prévenant qu'il faut aller les chercher. A ceci près qu'il y a eu un mort (le chauffeur-guide de la patrouille) et que les autres membres ont été relâchés. Le guide est mort : est-ce un hasard ? On dit que c'est lors d'un échange de coups de feu. Mais on sait par ailleurs que les guides qui collaborent avec les autorités sont redoutés des trafiquants car ils connaissent les pistes "parallèles" (comme le circuit économique qui les fait vivre) au moins aussi bien qu'eux. On aurait voulu "faire passer un message" qu'on ne s'y serait pas pris autrement...

Toujours est-il que tout le monde s'accorde à voir dans cette opération la main de Abderezzak El Para, qu'elle renforce les preuves de collusions entre "terroristes" du GSPC et trafiquants, que les douaniers ont été traités avec égards et libérés (valeur marchande trop faible ou volonté de les laisser témoigner ?) et que grâce à cela, on reparle des otages dans les journaux algériens.

Autre sujet : Jan de triotours.com
>>> m'a fait remarquer que l'identité du 32ème otage restait inconnue sur notre site. En fait, le journal allemand Stern l'avait identifié : il s'agit de Klaus Bokelmann, un archéologue à la retraite et conservateur de musée. Il est cité dans un article du Stern que Jan avait traduit sur son site >>>.
O
n remarquera deux choses à ce sujet : la présence d'un nouvel archéologue dans cette affaire (alors que les autorités algériennes ont dès le début laissé entendre qu'ils soupçonnaient les otages de se livrer au trafic d'objets archéologiques...) et, plus troublant, l'arrivée de ce personnage sorti de nul part. Car, au début, ils n'étaient que trente et un, qu'on ne sait pas comment il se trouvait là, avec quel véhicule et qu'il semblait plutôt connaître les ravisseurs...
Ç
a nous rappelle le mystérieux Chris, auto-proclamé porte parole des otages, que l'on a vu dès le début à Illizi puis en Suisse. Décidément, il y a bien des inconnus dans cette affaire...
 
 
 
  9 JUILLET
137 JOURS
Enfin des nouvelles "officielles", tout du moins publiées. Le Quotidien d'Oran d'hier a fait paraître un long article faisant le point sur l'affaire. Pour une fois, pas de faux semblants : il s'agit bien d'otages retenus par le GSPC (pas des "disparus") et la Lybie est directement impliquée dans la solution du problème.
S'ils confirment la rumeur d'un mouvement des otages vers la Lybie, cette information est démentie tout comme celle de la présence de drônes allemands.
Le problème se situerait bien au niveau des négociations et personne directement concerné n'a l'air particulièrment pressé.
L'Algérie se prépare à la bataille des éléctions présidentielles sous la menace de la peste...
Les gouvernements occidentaux ne savent comment intervenir directement, gênés par le respect des conventions diplomatiques.
Les preneurs d'otages ne transigent pas sur leurs exigences : montant de la rançon, garanties sur leur sort...
Les otages n'ont pas le droit à la parole...

La Tunisie fait le dos rond et cherche à gérer la maladie de son président...
En fait, seule la Lybie a un intérêt direct : ressortir encore plus respectable sur le plan international en ayant apporté sa contribution à une action décisive en faveur de la libération des otages. Et c'est bien l'analyse qui est faite par le Quotidien d'Oran.
Par ailleurs, mais ce n'est pas dans le journal , alors que les otages sont déclarés comme étant toujours à Tamelrik, que le dispositif sécuritaire qui entoure cette zone n'a pas été modifié depuis des semaines, semblant ainsi confirmer cette thèse, des observateurs locaux s'étonnent d'un regain d'activité militaire constaté à l'Ouest de Tamelghik, sous In Salah. Une simple rumeur...?

 
 
 
  4 JUILLET
132 JOURS
Face au silence, les rumeurs vont bon train. Nous avons pris parti de ne pas les renforcer, tout du moins tant qu'elles ne sont pas corroborées par des sources différentes, validées et dignes de foi. Le problème est assez confus comme ça !
Toujours est-il qu'on reste dans le flou, voire le néant.

Bouteflika gère son image à l'intérieur (libération d'Abassi Madani et Ali Belhadj au terme de leurs douze ans de détention) et à l'extérieur (expulsion des envoyés spéciaux des télévisions françaises et belges venus couvrir cette libération), que l'armée algérienne déclare vouloir rester neutre lors des prochaines élections présidentielles (de façon à bien indiquer que la menace islamique est réelle et que les partis en présence devrait savoir ou lutter plutôt que de s'entredéchirer : Bouteflika en lutte contre le FLN et Benflis premier ministre récemment limogé officiellement candidat...), que les drônes allemands tournent toujours au-dessus d'Illizi (pour "chercher" les otages ou mener des tests en conditions extrêmes...), que le GSPC continue à se battre contre l'armée et le GIA, que G.W. Bush félicite l'Algérie pour sa lutte contre le terrorisme et ses succès en la matière (la litanie quotidienne des morts ne doit pas arriver jusqu'à la maison blanche pas plus que l'information sur le sort des otages (ah, s'il y avait un blanc américain bien comme il faut parmi les otages...)), et que la météo d'Illizi annonce 45 ° pour aujourd'hui...

Bref, ils doivent se sentir bien oubliés et, vu d'ici, s'ils avaient les infos comme nous, personne ne pourrait leur donner tort.

Dernier point : ça vous parait long ? Vous avez raison. Mais dans l'histoire du Sahara, il y a eu pire : l'archéologue Françoise Claustre, restée prisonnière des Toubous au Tibesti (commandés par Hissein Habré, qui est ensuite devenu président de la république tchadienne!) pendant près de... trois ans (avril 74 - janvier 77).
Un triste record que personne ne souhaite voir battu !
Une rançon avait été versée, très vite, sur ordre du premier ministre de l'époque, Jacques Chirac, (on parle de quatre millions de Francs) mais les choses avaient traîné ensuite et la libération n'avait pu se faire que grâce à l'intervention de la Lybie (et à six millions de francs supplémentaires...). Il y avait quatre otages au départ. Une femme est décédée de ses blessures. Le mari de Françoise Claustre venu négocier sur place a été capturé par la suite. On peut donc dire que le prix de l'otage (selon les rumeurs actuelles : un million d'euro par tête), est donc assez stable compte-tenu de l'inflation !
Mais nous avons peu le coeur à plaisanter : l'histoire semble encore une fois de plus bégayer...

 
 
 
  30 JUIN
128 JOURS
Rappelez-vous :
"Selon des nomades de Samene et des sources non confirmées de l'armée, les ravisseurs et leurs otages auraient quitté Tamelghik, en direction du nord (Bordj Omar Driss, voire pour certains El Borma, mais ça semble un peu au Nord), pour rejoindre la Lybie..."
Ce serait plutôt une bonne nouvelle, confirmerait le rôle de la Lybie comme "tiers de confiance" dépositaire du montant de la rançon, offrant un "asile" aux ravisseurs, ces derniers conservant les otages pour l'instant comme garantie de leur sécurité...
Ça, c'est ce que nous écrivions il y a treize jours, sur la foi d'informations parvenues d'Illizi, d'une source suffisamment sure, discrète et proche du problème pour que, une fois n'est pas coutume, nous les ayons relayés. De plus, elles semblaient assez cohérentes.
Trop ? Nous nous sommes posés la question. Car on a toujours envie de lire ce à quoi qu'on a envie de croire...
Toujours est-il, qu'une quinzaine de jours de silence plus tard, d'autres sources "proches du dossier" (ça y est, nous nous mettons à écrire comme la presse algérienne !!!) laissent entendre que ce scénario serait bien en train de se réaliser...
Nous pourrions peut être avoir bientôt de bonnes nouvelles.

 
 
 
  17 JUIN
115 JOURS
Après une semaine de silence dans la presse, en Algérie comme en Europe, voici un peu de nouvelles "officielles". >>>
En fait, le silence est volontaire : il a été demandé que rien ne soit dit. Pour que ne se repose pas le même problème que le 19 mai : libérés, mais pas selon l'armée, donc toujours otages...
Mais de là à faire un tel silence, c'est lourd.
Très lourd. Bientôt QUATRE MOIS !
Certains otages allemands ont haussé le ton à ce sujet la semaine dernière, en déclarant que le problème se situait au niveau de la revendication de la libération : paiement d'une rançon par l'Allemagne, la Suisse et la Hollande ou libération par une intervention de l'armée algérienne... C'est désespérant !
Maintenant, une info à prendre avec toutes les réserves d'usage, car si elle provient d'une source source sérieuse, elle est unique et, pour l'instant, sans autre confirmation. Donc, prudence.
"Selon des nomades de Samene et des sources non confirmées de l'armée, les ravisseurs et leurs otages auraient quitté Tamelghik, en direction du nord (Bordj Omar Driss, voire pour certains El Borma, mais ça semble un peu au Nord), pour rejoindre la Lybie..."
Ce serait plutôt une bonne nouvelle, confirmerait le rôle de la Lybie comme "tiers de confiance" dépositaire du montant de la rançon, offrant un "asile" aux ravisseurs, ces derniers conservant les otages pour l'instant comme garantie de leur sécurité...

 
 
 
  10 JUIN
108 JOURS
Après deux jours de silence dans la presse algérienne, l'AFP se fend d'un communiqué sans apporter de nouvelles informations. L'agitation constatée ce week-end laisse entendre qu'il y a bien eu une ouverture "diplomatique" de la part des autorités algériennes, que le gouvernement à demander à l'armée de s'abstenir de toute intervention, que les états européens ont reçu l'autorisation d'intervenir plus directement, c'est à dire de prendre la responsabilité de la vie des otages, de négocier directement (on ne peut parler de poursuite des négociations puisque les algériens affirment qu'il n'y en a pas...), que la Lybie est prête à participer (en tant que tiers de confiance : on récupère les otages, on paye la rançon, on trouve un moyen pour que les preneurs d'otages "disparaissent"...). Mais tout cela ne sont que des suppositions, car la règle adoptée par la Suisse, l'Allemagne et les Pays-Bas est : pas de commentaires... >>>

 
 
 
  8 JUIN
106 JOURS
Les informations sont limitées, mais il semblerait bien que les algériens soient prêts à laisser le champ libre aux européens pour qu'ils mettent directement un terme à cette affaire avec l'aide de la Lybie.
On parle donc de l'
envoi par l'Allemagne de drones et de troupes d'élites, du versement d'une raçon par l'intermédiaire de la Lybie, et pour les ravisseurs d'une offre d'accueil en Lybie.
Et alors que le président de la république algérienne a déclaré un peu partout en Europe que les otages sont localisés et observés régulièrement ou que des négociations ont bien donné lieu à une demande de rançon, en Algérie, les minstres ou l'armée continuent à parler de recherche pour retrouver les disparus...
>>>
Pendant ce temps, les USA envoient un représentant de haut rang pour faire savoir que Busch est aussi fréquantable que Chirac et qu'il ne faut pas se tromper de partenaire dans la lutte contre le terrorisme (ou dans l'attribution des concessions de forage ?)
>>>.

 
 
 
  7 JUIN
105 JOURS
Quatre motos (Groupe 1) , retrouvées il y a deux mois (!!! : oui, des nomades l'avaient laissé entendre dès l'annonce des disparitions) sont maintenant officellement retrouvées et aux mains de l'armée.
Si tout va aussi vite, il y a effectivement urgence !

Pour le reste, il semble qu'il y ait transfert de responsabilité : "Si vous pouvez faire mieux que nous, allez-y, négociez, payez, récupérez vos encombrants ressortissants, faites sortir ces encombrants ravisseurs, qu'on ne me parle plus de tout ça ! J'ai des élections à gagner..."

 
 
 
  6 JUIN
104 JOURS
Aujourd'hui, les journaux ne paraissent pas en Algérie. Par contre, en Europe, c'est le jour de parution de nombre de News magazine qui se positionnent sur le marché ainsi avant le Week-end. C'est donc de là que viennent les infos. Et Focus, le magazine allemand, vient d'en lacher une de taille : Bouteflika aurait donné son accord pour que les gouvernements européens concernés puissent négocier directement avec les ravisseurs... Voilà une belle avancée et on ne peut que regretter que cela ne soit pas arrivé plus tôt. Que de temps perdu !

 
 
 
  4 JUIN
102 JOURS
A l'occasion de la conférence de presse donnée à Strasbourg à l'issue de son discours prononcé devant le parlement européen, Bouteflika a fait une déclaration de taille.
Les "disparus" sont bien des otages, ils sont a priori vivants, tous regroupés au même endroit (ce qui ne veut pas dire qu'ils soient tous ensemble, le périmètre contrôlé par l'armée ayant un diamètre de 300 Km), sur le plateau de Tamelrik (région inhospitalière, difficile d'accès), encerclés par l'armée, observés à l'aide de lunettes de visée nocturne.
Pour sortir de cette affaire, le président algérien propose aux ravisseurs de partir libres vers un pays limitrophe (la Lybie, dont la frontière la plus proche qui se trouve à un peu plus de 200 km ?).
"L'armée ne peut pas intervenir sans risquer de mettre les otages en danger. En plus, elle n'a pas l'équipement sophistiqué nécessaire."

Il faut rappeler que l'Algérie réclame depuis longtemps des équipements de lutte ultra-modernes et s'appuie sur cette carence pour expliquer l'absence de résultats définitifs sur la lutte contre les groupes armés. Prenons le cas des hélicoptères réputés avoir été utilisés pour la libération des premiers otages. Il s'agit d'hélicoptères civils, militarisés et équipés de missiles et d'instruments de visée nocturnes. Des équipements stratégiques qui ne sont livrés officiellement qu'à des pays ayant fait la preuve de leur bonne foi et de leurs intentions pacifistes. Or, longtemps, l'opacité de la stratégie des gouvernements algériens ont laissé planer des doutes sur qui y faisait quoi, pour quoi. Analyse qui a un peu changé depuis un certain 11 septembre... Toujours est-il, que ces hélicoptères, ne sont pas si nombreux, et les envoyer dans le Sud empêche de les exploiter vers Tebessa (foyer de lutte intense) et vers... Boumerdès qui, rappelons-le, était surtout un foyer de lutte armée particulièrement actif depuis quelques mois. Et c'est bien ce qui a amené les autorités algériennes à demander aux équipes de secours internationales de rentrer chez eux, ne pouvant prendre le risque d'un incident terroriste (un autre), sur des étrangers.

S'il n'est pas question de rançon, d'autres sources parlent d'une demande "exagérée". Pourrait-on alors penser qu'une rançon a bien été payée, que cela expliquerait les annonces de la libération des otages faites un peu partout le 19 mai dernier, mais qu'au dernier moment les ravisseurs auraient révisés leurs tarifs à la hausse ?
Toujours est-il que les choses semblent à nouveau bouger.


 
 
Ce qui s'est passé avant le 4 juin (>>>)
 

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Dernière mise à jour : le 10 avril 2003 à 19:00 (Paris)